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Sabre de Cuirassier AN XI de la Grande Armée


Sabre de troupe de Cuirassier, Modèle An XI, de la Grande Armée de Napoléon.

Un des sabres les plus emblématiques du Premier Empire, celui-ci date de Mai 1810, mois de naissance de Alexandre Walewski, fils naturel de Napoléon et de Maria Walewski.

Les cuirassiers seront de toutes les charges de l'Empire, d'Austerlitz à Waterloo.

Il s'agit ici de la dernière version dites de l'an XI avec quatre branches de garde en laiton, se rejoignant à la calotte sous forme de trois boutons.

Notre  sabre a été monté à Versailles avec le poinçon de Nicolas Boutet, le célèbre arquebusier de l'Empire.




Il a du avoir une deuxième vie, après l'Empire,  jusqu'au Second Empire.

En effet, on trouve gravés sur la monture, trois jeux de marquages de régiments "J 135", "I 94" et "1857".

De plus le filigrane sur la poignée a quinze spirales de laiton torsadé, changées selon les goûts en vigueur durant la restauration, la poignée originelle ayant que onze ou treize spirales.

Poignée ronde surmontée d’une calotte en laiton de forme ovale, coupée en accolade sur la poignée, avec virole en cuivre.
La pièce de rivure couronne le tout.

Lame droite à double pans creux de 94 cm (97.5 cm avant taillage en pointe).

La largeur au talon est de 3,85 cm.

L'arme pèse 1.1 kg sans fourreau et 2.1 kg avec et mesure 110 cm au total.


Cuirassier blessé quittant le feu de Théodore Géricault
© Musée du Louvre Paris



Marquages du "B" de JG Bick, contrôleur de Première classe à Kligenthal de 1809 à 1812 et du "M" de Claude Marion, Inspecteur de 1808 à 1811.



La terreur de l'opposant par Mariusz Kozik ©





par AF Telenik ©


Une cravate en cuir pour sa deuxième vie après l'Empire...avec un marquage J 135 sous le plateau de garde.


© Cuirasse vendue par Christie's en 2012
elle lui a sauvé la vie!







"Chargez" par Mariusz Kozik ©

Les cuirassiers sont les prestigieux cavaliers des Régiments de Grosse Cavalerie, au célèbre casque à cimier et crinière.

Avant la bataille, la cavalerie éclaire l'armée; pendant la bataille, elle soutient l'infanterie, exploite ses succès ou crée l' "événement "; après la bataille, elle poursuit l'ennemi ou couvre la retraite.

Les cuirassiers sont en soutien de la cavalerie légère, pour créer l' événement avec la rupture d'un front.

Ainsi l'Empereur, à Waterloo, sera furieux après Ney pour avoir utilisé la cavalerie dites de réserve trop tôt...elle était destinée à exploiter des brèches dans la défense de l'adversaire au moment le plus opportun.

pour une lame de 94 ou 97.5 cm

Le fourreau en acier à deux bracelets de bélière, dit de 1816, permettant de recevoir la lame, avant modification en langue de carpe, longue de 97.45 cm.

Ici elle ne fait plus que 94 cm, beaucoup de sabres ramenés de Waterloo par les soldats anglais portent déjà ce fourreau, avec la lame en pointe en carpe ou dans le prolongement du dos.
On en trouve de même dans des musées autour de Waterloo.

Comme les sabres de cavalerie lourde anglaise avant Waterloo, la mode militaire pour les cavaliers lourds étaient de ramener leur lame en pointe.





Cuirassiers à Eylau
Le Général d'Haupoul après avoir exécuté deux charges à la tête de sa division de cuirassiers, est blessé lors d'une troisième, il meurt cinq jours plus tard, le 14 février 1807, de septicémie


En l’An XI, le Sabre du modèle précédent, " l'AN IX ", est remis en question pour deux raisons importantes :
  • la lame plate est trop lourde.
  • le fourreau en tôle de fer accuse une fragilité majeure aux chocs qui le déformaient, bloquant souvent le sabre à l’intérieur.
Le fourreau sera remplacé par un plus épais, mais décrié, car si solide qu'il occasionne des blessures aux cavaliers qui chutent avec ou au cheval.


Dard de 1816 en lyre

Numéro de rack de 1857 identique à celui du sabre

Ici nous avons un modèle de fourreau dit de "1816" avec le dard en forme de lyre mais qui sera en dotation dès 1815.

Pour preuve le nombre de sabres ramenés en Angleterre après Waterloo, avec le fourreau de 1816 et le sabre portant le même matricule.

Cuirassier français au combat contre les cuirassiers russes par AF Telenik ©

 Lame ramenée en pointe, dites en "langue de carpe" au règlement de 1816.


"Manufacture Impériale du Kligenthal Mai 1810".
 En Mai 1810, naissait Alexandre Walewski, fils naturel de Napoléon et de Maria Walewski et eut lieu la prise de Lérida par Louis-Gabriel Suchet.


L'article 11 du bail d'Entreprise attribué à l'entrepreneur Coulaux, le 29 avril 1810, stipule que le nom de l'entrepreneur figurant sur le dos des lames est remplacé par le mois et l'année de fabrication.

C'est donc un des premiers sabres produits avec la mention de date.


Cuirassier par Lucien Rousselot ©



Marquage H, V pour "vérifié" ou 'visité" à la Manufacture de Versailles dirigée
par Nicolas Boutet, et J135 sous le plateau de garde.


Le dernier drapeau capturé par les cuirassiers 
à Waterloo, celui du 69 Th de Ligne anglais

Avec le Sabre de l'An XI, la lame retrouve les pans creux en usage avant l’An IX et depuis 1779 dans la Cavalerie de Ligne et les Dragons.

Le fourreau a un métal épaissi, doublement bosselé à l'intérieur pour caler parfaitement la lame, sans besoin d'alèses de bois.

Un poinçon au B pointé, peut-être le poinçon étoilé de Francois, Antoine Bisch contrôleur de seconde classe a Chatellerault vers 1857, marquage qui date de la longue longévité de se sabre après l'empire.


Intérieur du fourreau doublement bosselé pour épouser la forme de la lame et bien la maintenir


Le Sabre An IX restera en service jusqu’en 1855, côtoyant les modèles de 1816, 1822, les lames seront ramenées sur leur axe central dites en langue de carpe, dès 1815.

Ce sabre sera fabriqué sans interruption de 1808 à 1817 à raison de 54 640 exemplaires.


Cuirassiers à Eylau


Plusieurs marquages pour ce sabre I94 numéro de rack et poinçon de Nicolas Boutet pour sa vie sous l'Empire, puis après l'empire on trouve 1857 sur le sabre et fourreau ainsi que plusieurs petits V. pour "Vérifié" ou 'Visité" à Versailles chez Boutet.


Le poinçon de Nicolas Boutet, un "B" stylisé.


© Lucien Rousselot


Marquage illisible... F ou I


Marquage "V" pour Vérifiée ou Visitée 

La réforme de Napoléon Bonaparte du 1er vendémiaire an XII a mené à une totale réorganisation de la cavalerie française et à la création de 12 régiments de cuirassiers. Les régiments étaient organisés en 2 compagnies de deux escadrons, à raison de 200 hommes par escadron. En 1807, le régiment passe de 4 à 5 escadrons avec un effectif de 1 040 hommes.


Malgré la suppression du 5e escadron en 1809, l’effectif ne diminuera pas. Un 13e et un 14e régiment seront constitués en 1810 et en 1812.

Les cuirassiers faisaient partie avec les carabiniers de la cavalerie lourde, aux côtés des dragons et lanciers (cavalerie de ligne) et des hussards et chasseurs à cheval (cavalerie légère).

La taille minimale des cuirassiers était fixée à 1,73 m.

Outre la cuirasse (équipement dont étaient dépourvus les trompettes) , ils recevaient une carabine, aussi appelé mousqueton, une latte (notre sabre) et deux pistolets.

Voir l'article sur les tests de pénétration sur les cuirasses.

La sellerie se composait d'une schabraque liserée aux couleurs régimentaires en peau de mouton couvrant les fontes, d'une couverture de selle carrée et d'un porte-manteau rectangulaire timbré du n° du régiment.

La puissance de leurs charges était telle, qu’ils étaient surnommés familièrement « Les gros frères » ou « Les hommes de fer » .

Balzac, dans le Colonel Chabert, et Victor Hugo, dans les Misérables, ont décrit ces charges comme faisant trembler tout le champ de bataille.

Les cuirassiers furent commandés par les plus grands généraux de l'ère napoléonienne: Murat, Lasalle, D'Haupoul, Espagne, Lannes.






Cuirassiers en action L Rousselot ©



En 1801, ayant pris conscience lors de la seconde campagne d’Italie de la nécessité de se doter d’une cavalerie de «rupture» efficace, Bonaparte créa les régiments de cuirassiers dites de grosse cavalerie. 

En 1809, Napoléon décida de cuirasser aussi les régiments de carabiniers .

Le plastron, dossière, casque en acier ajoutés aux puissants chevaux necessaires à ces régiments ont fait que les cuirassiers furent une des branches de la cavalerie les plus coûteuses à équiper et à entretenir.

Voici sans doute la raison pour laquelle elle ne dépassa guère les douze régiments d'origine, les trois nouvellement créés l'étant, pour deux d'entre eux, à partir de détachements déjà existants et, pour le troisième, grâce à l'amalgame de l'armée hollandaise en 1810 (le 14 ème cuirassier)

Les régiments de cuirassiers coûtaient fort chers au budget de la Grande Armée.


Napoléon continua de manifester son intérêt pour la cuirasse, souhaitant ainsi la faire porter à tous les dignitaires de l’ordre des Trois Toisons d’Or tandis qu’il songeait encore en 1812, à créer des compagnies de gardes du corps portant également la cuirasse.

C’est peu de temps avant la bataille de Friedland, en mai 1807, que l’on trouve pour la première fois trace du casque et de la cuirasse de Napoléon, il la porta une seule fois et se trouva fort ridicule, elle se trouve au musée de la Légion d'Honneur à Paris.



Cuirassier sabrant


Un soldat anglais après Waterloo décrit:

" Une charge de cuirassiers avait un effet hypnotique...nous attendions une charge d'Infanterie française...nos lignes étaient prêtes et calmes....soudain je vis notre sergent inspectant nos lignes  s'arrêter...je ne compris pas pourquoi...puis je sentis dans mes jambes un tremblement...puis la terre se mit à gronder et bouger sous nos pieds.

Je fus saisi d'anxiété..mon voisin un véteran
, le private Millan, laissa tomber sa pipe en terre... je vis sur son front un halot de lumière...alors face à nous se trouvait une charge de cavalerie auréolée de lumiere au soleil.

Les casques, sabres et cuirasses brillaient de mille feux...puis des lames d'acier percèrent nos tuniques rouges!
A condition de ne pas être parmi notre carré...c'était un grand spectacle...Malgré le bruit de la bataille...on entendait partout "Vive l'Empereur"'


2ème Cuirassier par AF Telenik ©



Cuirasse et casque de parade de Napoléon Ier, 1807
© Musée de la Légion d'Honneur Paris


Napoléon projeta de doter ses maréchaux d’armures de parade. 
Deux prototypes furent livrés pour l’Empereur et le maréchal Berthier peu après la victoire de Friedland en juin 1807. 
L'Empereur se trouvant fort ridicule, le projet resta sans suite et les deux cuirasses demeurèrent en possession de Berthier.







Ce site est dédié aux soldats, officiers, généraux et maréchaux de 
l' Epopée Napoléonienne, tombés au champ d'honneur



Sources Graphiques:

Peintre russe A Telenik ou Александр Теленик
Peintre russe A Yejov


A lire ou voir:

- Balzac 'Le Colonel Chabert"
  Le film de yves Angelo de 1994 avec sa magnifique charge de Cuirassiers

- Musée de la Légion d'Honneur Paris pour voir la cuirasse de l'Empereur

- Le livre "Le Jour De Colère" de Arturo Perez-Reverte où il décrit les événements du 2 mai 1808 en Espagne, notamment la mort du Sous-Lieutenant de Cuirassier Charles Legrand, fils du Général, tué à 19 ans. Fils du Général Claude Juste Alexandre Louis Legrand, qui lui décédera, en 1815, des blessures reçues au passage de la Bérézina.
On y "voit" la violence des combats et le massacre des cuirassiers par la population de Madrid.

De l'usage de la Lame Droite ou de la Lame courbe.



Depuis la nuit des temps, l’épée a représenté la justice, le pouvoir et la lutte contre le mal !
Elle est à la fois magique et mortelle.

L’épée a influencé le résultat de nombreux grands évènements historiques...inspiré de nombreux mythes et légendes…et l’habileté des artisans en a fait un objet de désir!

Aujourd’hui encore de nombreux témoignages du temps de l’épée nous sont parvenus…un homme tient sa femme par le bras gauche pour laisser sa main droite libre de saisir l’épée…nous nous saluons en serrant les mains pour montrer que nous ne sommes pas armés…le chevalier est adoubé au contact de l’épée sur ses épaules…et il est disgracié par la brisure de celle-ci…une armée entière se rend par la remise d’une seule épée !

L’épée était rituellement  sacrifiée aux dieux pour invoquer leurs protections.

Le fondeur usait des quatre éléments…l’eau, le feu, l’air, la terre et peut-être les dieux lui donnaient le pouvoir du cinquième élément…la magie !


Enchiridion de Byrthferth représentant les mystères de l'univers. Adam au centre, les quatre points cardinaux , les quatre éléments , les quatre saisons, les quatre âges de la vie, et les douze signes du zodiaque.


Sabre de Chasseur à cheval de la Garde © SabresEmpire

La lame française à la Montmorency a été décriée lors de sa mise en service, certains la trouvaient trop courbe pour l’estoc, d’autres trop droite pour la taille et pourtant entre les mains des grenadiers à cheval de la garde, elle fit merveille jusqu’à Waterloo.

Elle vécut encore de beaux jours avec les Modèles de 1822.
Certes la lame était importante mais tout autant l'étaient la technique du soldat et le dressage de sa monture.

Certainement, il valait mieux un bon gros bâton avec un cheval très maniable et vif, qu’un magnifique sabre, dans les mains d’un mauvais soldat, monté sur un cheval revêche.

Notre collection montre la diversité entre les lames quant à la courbure, aux poids ainsi que les différences majeures de conception entre les armes anglaises et françaises.
Commençons par une analyse sur l’utilisation de la lame courbe ou droite dans la cavalerie.


Engagement de Cavaleries Légères

Un nombre important d’articles dans les magazines d’histoire napoléonienne, ainsi que des articles plus spécialisés sur l’histoire militaire, traitent du choix entre l’utilisation de la lame droite ou de la lame courbe pour la cavalerie et concluent que le choix était avant tout une question de mode ou de convention.

Tout au long du XIXème siècle, ce choix de lame a fait l’objet d’études et discussions dans les cercles militaires des deux cotés de la Manche : à savoir quel type de lame utiliser pour les troupes de cavalerie. Ce débat avait débute dans les siècles précédent lors de l’utilisation généralisée de troupes à cheval dans les armées d’Europe de l’Ouest.

Sabre de Cuirassier AN XI


L’origine historique des deux types de lames est très différente:
A l’Ouest, on trouve une préférence pour la longue lame droite destinée à l’estoc, héritière des pratiques de combats médiévaux. L’utilisation de l’armure et du casque dans les batailles médiévales nécessitait l’utilisation d’armes propres à pénétrer à travers les plaques de protection.

Typiquement ces lames droites étaient longues, avec des pointes effilées ou en langue de carpe, pour certaines de section triangulaire. Ces armes évoluèrent ensuite vers la rapière et la lame à la colichemarde pour les civils, les combats militaires nécessitant des armes plus robustes.



Avec la disparition de l armure, les armées européennes ont communément utilisées des lames larges, droites à un tranchant avec un dos de lame renforce (Forte-épée, Schiavonne, etc.).
L’évolution des sabres à lame courbe combine les influences d’Europe de l’ouest et des steppes de l’Est.

A l’Ouest on trouve des armes à lame courbe vers 1600 dont l’origine se trouve dans les armes germaniques. Mais la plus grande influence provient des peuples guerriers des steppes Eurasiennes, qui amenèrent avec eux en Europe leurs sabres légers à lame courbe, propres à la taille.

Les byzantins et les peuples russes utilisaient déjà des sabres courbes dès 1200.
L’arrivée des Mongols, cavaliers de la steppe, et des Ottomans a renforcé l’utilisation généralisée du sabre courbe.
Alors que les cavaleries des armées d’Europe centrale (Pologne, Hongrie, Prusse, etc.) ont utilisé, très tôt, pour leurs cavaliers des sabres à lame courbe; cette adoption fut plus tardive pour les armées de l’Ouest, début 18 ième siècle en France et vers 1750 pour les anglais.

Types de sabres et Utilisation

Designs des sabres

La conception du sabre est la résultante directe de l’utilisation à laquelle il se destine au combat.

Ainsi un sabre, dont la lame présente une bonne courbure, permet un coup de taille. Quant le fil de la lame rencontre la cible, il pénètre et coupe simultanément l’ennemi. Le mouvement latéral du coup multiplie l’effet dévastateur de ce dernier.


Sabre Cavalerie Légère AN XI

Au contraire, un coup de taille d’une lame droite ressemblera au coup donné par une hache sur un tronc d’arbre.

L’efficacité du coup donné par les deux types de lame peut être comparé à un couteau qui vient frapper l’articulation d’une volaille cuite ou du même couteau qui vient trancher de façon normale à l’intersection de l’articulation.

Un sabre dont la lame sera assez courbe pour délivrer un très efficace coup de taille sera de facto trop courbe pour permettre un coup d’estoc précis et décisif !




L'effet saisissant d'une charge de Cavalerie Lourde

Une lame droite pour pouvoir délivrer un bon coup de taille, comme elle a un moindre pouvoir de glisse, devra être lourde et équilibrée vers l’avant de la lame (ce n’est pas un hasard si la hache est un outil lourd avec le tranchant situé au bout d’un long manche).

Une rapière telle que portée par les mousquetaires, si utilisée en coup de taille, produisait un résultat très médiocre face à un adversaire portant des vêtements résistants. Il est évident qu’un sabre a faible courbure comme la lame à la Montmorency sera toujours sous optimal.

Charge des Scots Grey à Waterloo arrivant sur la grande batterie d'artillerie avec leur sabre à lame droite (voir celui de notre collection)



La lame à la Montmorency n’est pas assez courbe pour avoir un effet glissant et sa courbure est embarrassante pour un coup d’estoc efficace. Les lames à faible courbure sont donc polyvalentes mais donnent des résultats médiocres d’estoc et de taille, difficile donc de se faire une idée.

La lame courbe et courte permet au cavalier de tailler à droite et à gauche sans heurter ou toucher la tète de sa monture, un grand avantage pour un cavalier.

 En dehors des qualités mécaniques que peut présenter une lame, il y a bien d’autres facteurs qui distinguent une lame droite ou latte d’une lame courbe.

Parce que le pouvoir de couper d’une lame courbe n’est pas directement liée au poids de la lame, elle peut alors être plus légère et mieux équilibrée qu’une lame droite. Aussi la courbure d’une telle lame permet à ces armes d’être très maniable.


Le sabre AN XI des cuirassiers contre le sabre de 1796
des Light Dragoons anglais (voir notre sabre AN XI et le sabre anglais de 1796)


Il devient plus facile pour le cavalier de se pencher d’un coté et de l’autre de sa monture pour tailler l’ennemi et non l’encolure de l’animal.

L’autre avantage est que au cœur de la mêlée d’un combat le coup de taille est plus instinctif que l’estoc, ainsi une lame courbe est plus rapidement efficace dans les mains d’un soldat lambda.

La lame droite possède aussi ses propres qualités. Face à un ennemi portant des protections, ce sera la seule lame capable d’infliger une blessure décisive.

Sabre de Cavalerie Légère anglaise Modèle 1796


L’estoc est aussi un coup qui profite de l’élan prodigue par la monture lors d’une charge.

Durant la charge, les cavaliers pointent en avant leur sabre, avec la lame dans le prolongement du bras, la pointe légèrement plus basse que le niveau de la garde et le coude et bras tendus. Aussi important, le pouce devait être bien ferme sur la poignée du sabre et le poignet bloqué.


Charge des Chasseurs à cheval de la Garde à Austerlitz et
leurs sabres courbes ( voir celui de notre collection)

Ainsi maintenue durant la charge, le sabre à lame droite encontrant un adversaire tuait presque instantanément ce dernier par la puissance du coup, en admettant que le cavalier avait bien cible son estoc. Quoi qu’il en soit, utilisée de la sorte a grande vitesse, un tel coup pouvait être problématique, il était souvent difficile de retirer la lame du corps de l’ennemi.

Ainsi les cavaliers américains, médiocres sabreurs et plus adroits aux armes à feu, surnommaient leurs sabres Modèle 1840 (une copie du modèle 1822 de cavalerie légère française), « le briseur de poignet ».


Cuirassier contre les cuirassiers russes...les Cuirassiers Russes  (voir notre sabre de cuirassier)


Forme du sabre et combat

Il est maintenant évident que chaque type de sabre à ses propres qualités en fonction du type de combat. Cavalerie contre cavalerie, lors d’une charge classique ou académique, la lame droite a l’avantage surtout lors du premier clash, ensuite au cœur de la mêlée le sabre courbe reprendra l’avantage.

La latte, outre de profiter de l’effet vitesse et impact découlant de la charge, était considérée comme plus intimidante par les soldats. Ceci provient peut être du caractère souvent mortelle d’une blessure occasionnée par les lames droites lors des charges de cavalerie.

Aussi la vue d’une multitude de cavaliers avec leurs sabres pointes vers vous semblait être plus intimidante qu’un même nombre de cavaliers agitant des sabres courbes.


Sabre anglais Modèle 1803 pour les officiers de flankers et Rifle 


Chevau-Légers du royaume de Wurtemberg chargeant un carré d'Infanterie Russe à la bataille de Krasnoë par A Yejov ©


A contrario, lorsqu’il n’était pas possible de donner de l’élan aux charges à cause du terrain, fatigue des chevaux ou nombres de blesses au sol…la lame droite perdait de son avantage.

Et dans les combats serres ou le cavalier doit rester très mobile d’un coté à l’autre de la selle…le sabre courbe faisait miracle.

Contre l’infanterie en carré, aucune lame ne prenait un avantage décisif par rapport à l’autre.



Face à une infanterie sous pression, la lame droite plus longue et plus mortelle devait présenter quelque avantage mineur.


L'effroi de l'infanterie anglaise face aux cuirassiers


La meilleure illustration de l’usage de la lame droite ou courbe nous vient des hussards des pays d’Europe centrale.
Les hussards avaient pour usage d’utiliser les deux types de sabres surtout en Hongrie et Pologne-Lituanie.

C’est une résultante de la chute de l’empire des Balkans au profit des Turques.

Les hussards Polonais perdirent peu à peu leur statut de cavalerie légère pour un usage de cavalerie lourde avec armures, alors que les hussards Hongrois quittèrent leurs armures et devinrent des troupes légères utilisées pour le harcèlement.


Sabre Officier à la Mamelouk à lame très courbe


C est cette forme de Hussards qui influencera nos cavaleries d’Europe de l’Ouest. Ils seront aussi à l’ origine du renouveau de l adoption de la lance durant les guerres napoléoniennes.

Les deux types de hussards, Polonais ou Hongrois portaient deux types de sabre : un sabre a lame courbe, suspendu par des anneaux de bélières  et un sabre droit (Palash dérivé du mot latin Spatha « chose plate » ou Koncerz en Polonais) attache sur un coté de la selle.


Compagnie d’élite du 4ème hussards à Tarragone durant la
 campagne d'Espagne en 1811...ave leur AN XI (voir notre sabre AN XI)

Le hussard polonais utilisait sa lance de préférence et lorsque celle-ci était cassée, utilisait sa lame droite pour continuer à charger.

Dans la mêlée, il utilisait son sabre courbe.
Les hussards hongrois combattaient, selon un témoin de l’époque, comme  le feront les premiers hussards français, à savoir :

« Les hussards portent un large sabre courbe…pour tailler de tout cote, du haut vers le bas. Certains portent de longues lames, stockées le long de leur monture, lorsqu’ ils l’utilisent c’est pour embrocher leurs ennemis, le pommeau appuyé sur leur genoux »


Dragons Francais 

Ce témoignage nous montre que les premiers hussards savaient que chaque type de lame avait son propre usage, bien précis, lors des combats.
Les premiers hussards étaient souvent issus de milieux favorises ou familles de militaires, et achetaient leurs propres armes. Ils avaient le luxe de pouvoir s’acheter deux sabres, ce ne sera plus le cas dans les grandes armées des guerres Napoléoniennes et chaque troupier aura un seul sabre propre à son rôle dans la bataille.

Sabre d'Officier de Cavalerie Lourde et sa longue lame droite 


Les cavaleries lourdes européennes, dont le rôle est de charger de front, seront équipées de longue lame droite.
La cavalerie légère, utilisée pour la reconnaissance, renseignements, et le harcèlement seront équipées de sabres à lame courbe.

Chasseur de la Garde Imperiale contre les Chevaliers Gardes russes à Austerlitz