Sabre de Cuirassier AN XI de la Grande Armée


Sabre de troupe de Cuirassier, Modèle An XI, de la Grande Armée de Napoléon.

Un des sabres les plus emblématiques et des plus beaux, du Premier Empire !

Les cuirassiers seront de toutes les charges de l'Empire... d'Austerlitz... à Waterloo!

Il s'agit ici de la dernière version de l'an XI avec quatre branches de garde se rejoignant à la calotte!

Notre  sabre a été monté à Versailles avec le poinçon de Nicolas Boutet...le célèbre arquebusier de l'Empire.

Il a du avoir une deuxième vie après l'Empire ...

...car on trouve gravés sur la monture, trois jeux de marquages de régiments "J 135", "I 94" et "1857"... et une poignée à quinze spirales de laiton torsadé...changée selon les goûts en vigueur durant la restauration!... la poignée originelle ayant que onze spirales.




La largeur du talon est de 3,83cm...monture avec virole en cuivre.
Poignée ronde surmontée d’une calotte en laiton de forme ovale, coupée en accolade sur la poignée.

La pièce de rivure couronne le tout.
Elle mesure 110 cm au total...pour une lame de 94 cm (97.5 cm avant taillage en pointe).

L'arme pèse 1.1 kg sans fourreau....et 2.1 kg avec.

La monture est en arco.... ce dernier provient des crasses du laiton.

Le cuivre jaune a plus de consistance que le rouge et s’oxyde moins.
Le vrai laiton contient 7/10 cuivre et 3/10 zinc, les sabres utilisant l’Arco doivent être de ¾ Arco et ¼ de cuivre pur : l’étain et plomb rendent ces alliages cassants!


Marquages du B de JG Bick, controleur de 1809 à 1812 et du M de Claude Marion, Inspecteur de 1808 à 1811.



2ème Cuirassier par AF Telenik ©





Une cravate en cuir pour sa deuxième vie après l'Empire...avec un marquage J 135 sous le plateau de garde.


© Cuirasse vendue par Christie's en 2012






Un autre superbe design par l'artiste Mariusz Kozik ©


Les cuirassiers sont les prestigieux cavaliers des Régiments de Grosse Cavalerie, au célèbre casque à cimier et crinière.

Avant la bataille, la cavalerie éclaire l'armée; pendant la bataille, elle soutient l'infanterie, exploite ses succès ou crée l' "événement "; après la bataille, elle poursuit l'ennemi ou couvre la retraite.

Les cuirassiers sont en soutien de la cavalerie légère, de la ligne et pour créer l' événement pour la rupture d'un front !

Ainsi l'Empereur, à Waterloo, sera furieux après Ney pour avoir utilisé la cavalerie dites de réserve trop tôt...elle était destinée à exploiter des brèches dans la défense de l'adversaire au moment le plus opportun!


pour une lame de 94 ou 97.5 cm

Le fourreau dit de 1816 permet de recevoir la lame, avant modification en langue de carpe, longue de 97.45 cm ...ici elle ne fait plus que 94 cm...beaucoup de sabres ramenés de Waterloo par les soldats anglais porte ce fourreau...avec la lame en pointe en carpe ou dans le prolongement du dos!...on en trouve de même dans des musées autour de Waterloo.

Comme les sabres de cavalerie lourde anglaise avant Waterloo...la mode militaire pour les cavaliers lourds étaient de ramener leur lame en pointe.








En l’An XI, le Sabre du modèle précédent, " l'AN IX ", est remis en question pour deux raisons importantes :


  • la lame plate est trop lourde.
  • le fourreau en tôle de fer accuse une fragilité majeure aux chocs qui le déformaient, bloquant souvent le sabre à l’intérieur !


Le fourreau sera remplacé par un plus épais mais decrié car si solide qu'il occasionne des blessures aux cavaliers qui chutent avec!

Dard de 1816 en lyre
Numéro de rack de 1857 identique à celui du sabre


Ici nous avons un modèle de fourreau dit de "1816" avec le dard en forme de lyre ...mais qui sera en dotation dès 1814/1815...

... pour preuve le nombre de sabres ramenés en Angleterre après Waterloo ... avec le fourreau de 1816.





Cuirassier français au combat contre les cuirassiers russes par AF Telenik ©





 Lame ramenée en pointe, dites en "carpe" au réglement de 1816.

"Manufacture Impériale du Kligenthal Mai 1810".
 En Mai 1810, naissait Alexandre Walewski, fils naturel de Napoléon et de Maria Walewski et eut lieu la prise de Lérida par Louis-Gabriel Suchet.



L'article 11 du bail d'Entreprise attribué à l'entrepreneur Coulaux, le 29 avril 1810, stipule que le nom de l'entrepreneur figurant sur le dos des lames est remplacé par le mois et l'année de fabrication...c'est donc un des premiers sabres produits avec la mention de date!








Marquage H, V et J135 sous le plateau de garde.





Avec le Sabre de l'An XI... la lame retrouve les pans creux en usage avant l’An IX et depuis 1779 dans la Cavalerie de Ligne et les Dragons.

Le fourreau quant à lui, sera renforcé d’un fût de bois au lieu de simples alaises et le métal épaissi...doublement bosselé à l'interieur pour mieux caler la lame.

Un poinçon au B pointé que je ne reconnais pas!


Intérieur du fourreau doublement bosselé pour épouser la forme de la lame et bien la maintenir


Le Sabre An IX restera en service jusqu’en 1855, côtoyant les modèles de 1816, 1822... les lames seront ramenées sur leur axe central dites en langue de carpe dès 1815.

Ce sabre sera fabriqué sans interruption de 1808 à 1817 à raison de 54 640 exemplaires.




Cuirassiers à Eylau


Plusieurs marquages pour ce sabre...I94 numéro de rack et poincon de Nicolas Boutet pour sa vie sous l'Empire...puis après l'empire on trouve 1857sur le sabre et fourreau ainsi que plusieurs petits V...pour Versailles et Vérification.

Le poinçon de Nicolas Boutet ...un "B" stylisé.

Marquage illisible... F ou I

Marquage 'V" pour Vérification


La réforme de Napoléon Bonaparte du 1er vendémiaire an XII a mené à une totale réorganisation de la cavalerie française et à la création de 12 régiments de cuirassiers. Les régiments étaient organisés en 2 compagnies de deux escadrons, à raison de 200 hommes par escadron. En 1807, le régiment passe de 4 à 5 escadrons avec un effectif de 1 040 hommes.





Malgré la suppression du 5e escadron en 1809, l’effectif ne diminuera pas. Un 13e et un 14e régiment seront constitués en 1810 et en 1812.

Les cuirassiers faisaient partie avec les carabiniers de la cavalerie lourde, aux côtés des dragons et lanciers (cavalerie de ligne) et des hussards et chasseurs à cheval (cavalerie légère).

La taille minimale des cuirassiers était fixée à 1,73 m.
Outre la cuirasse (équipement dont étaient dépourvus les trompettes) , ils recevaient une carabine - aussi appelé mousqueton -, une latte (notre sabre) et deux pistolets.

Voir l'article sur les tests de pénétration sur les cuirasses.

La sellerie se composait d'une schabraque liserée aux couleurs régimentaires en peau de mouton couvrant les fontes, d'une couverture de selle carrée et d'un porte-manteau rectangulaire timbré du n° du régiment.

La puissance de leurs charges était telle, qu’ils étaient surnommés familièrement « Les gros frères » ou « Les hommes de fer » .
Balzac, dans le Colonel Chabert, et Victor Hugo, dans les Misérables, ont décrit ces charges comme faisant trembler tout le champ de bataille.
Les cuirassiers furent commandés par les plus grands généraux de l'ère napoléonienne: Murat, Lasalle, D'Haupoul, Espagne, Lannes.












En 1801, ayant pris conscience lors de la seconde campagne d’Italie de la nécessité de se doter d’une cavalerie de « rupture » efficace, Bonaparte créa les régiments de cuirassiers dites de grosse cavalerie.
En 1809, Napoléon décida de cuirasser les régiments de carabiniers .

Le plastron, dossière, casque en acier ajoutés aux puissants chevaux necessaires à ces régiments ont fait que les cuirassiers furent une des branches de la cavalerie les plus coûteuses à équiper et à entretenir.

Voici sans doute la raison pour laquelle elle ne dépassa guère les douze régiments d'origine, les trois nouvellement créés l'étant, pour deux d'entre eux, à partir de détachements déjà existants et, pour le troisième, grâce à l'amalgame de l'armée hollandaise en 1810.

Les régiments de cuirassiers coûtaient fort chers au budget de la Grande Armée!




Napoléon continua de manifester son intérêt pour « l’armure », souhaitant ainsi faire porter la cuirasse à tous les dignitaires de l’ordre des Trois Toisons d’Or tandis qu’il songeait encore en 1812 à créer des compagnies de gardes du corps portant également la cuirasse.
C’est peu de temps avant la bataille de Friedland, en mai 1807, que l’on trouve pour la première fois trace du casque et de la cuirasse de Napoléon, il la porta une seule fois et se trouva fort ridicule...








Un soldat anglais a Waterloo decrit:

" Une charge de cuirassiers avait un effet hypnotique...nous attendions une charge d'Infanterie française...nos lignes étaient prêtes et calmes....soudain je vis notre sergent inspectant nos lignes ...s' arrêter...je ne compris pas pourquoi...puis je sentis dans mes jambes un tremblement...puis la terre se mit a gronder et bouger sous nos pieds.
Je fus saisi d'anxiété..mon voisin un véteran
, le private Millan, laissa tomber sa pipe en terre... je vis sur son front un halot de lumière...alors face a nous se trouvait une charge de cavalerie auréolée de lumiere au soleil.
Les casques, sabres et cuirasses brillaient de mille feux...puis des lames d'acier percèrent nos tuniques rouges!
A condition de ne pas être parmi notre carré...c'était un grand spectacle...Malgré le bruit de la bataille...on entendait partout 

"Vive l'Empereur"'



Magnifique image représentant la terreur de l'opposant par l'artiste Mariusz Kozik ©



Chant des Cuirassiers:

Au milieu de la bataille,
Sur les étriers de leurs grands chevaux,
Grisés par le sang, la mitraille,
Les cuirassiers chargent au galop.
C’est la charge, c’est la foudre,
C’est l’assaut dans le sang et dans la poudre.
L’ennemi s’enfuit, l’épée dans les reins,
Laissant tous ses morts sur le terrain.

Les cuirassiers sur les étriers
De leurs grands chevaux,
Pour mieux boire à la victoire,
Remettent vivement les sabres au fourreau.






Sources Graphiques:

A Telenik ou Александр Теленик...Peintre russe
A Yejov...Peintre russe






NOUS SUIVRE