Forte-épée des Compagnies Franches de Marine XVII et XVIII ème siècles



Forte-épée des Compagnies Franches de Marine du Roi de France...XVIII ème siècle.






Cette lame possède une âme, celle des paysans de France qui signaient d’une croix un parchemin tendu par un sergent recruteur au bel uniforme et se retrouvaient à guerroyer à Québec ou à Pondichéry.

C'est l'épée des troupes de Fort Carillon ou des Plaines  d'Abraham, au côté du marquis de Montcalm.

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Les compagnies franches de la Marine furent un ensemble d'unités d'infanterie autonomes rattachées à la Marine royale et vouées à servir indifféremment en mer et sur terre. Ces troupes constituaient la principale force militaire de France pouvant intervenir et tenir garnison en outre-mer de 1690 à 1761, date de leur radiation. 


Quant au terme «franche», il signifie que ces compagnies étaient indépendantes, les unes des autres, contrairement aux compagnies de l'armée régulière métropolitaine qui appartenaient à un régiment.

Ces armes étaient de médiocre qualité, tant les lames que les montures. Un fusilier se sert de son fusil et rarement de son épée. Elles étaient petites, pas très robuste et n'offraient que peu de protection pour la main. Elles se portaient du coté gauche avec la baïonnette, dans un fourreau de cuir. Par ailleurs, peu de temps après leur arrivée, les soldats des Compagnies franches remplacèrent souvent l'épée par une hachette, instrument beaucoup plus pratique pour la survie dans les bois.

Mais chose intéressante…quand le soldat obtenait son congé définitif pour entrer dans ses foyers, il pouvait garder son épée avec lui, car la profession des armes conférait au soldat une certaine noblesse qui justifait le port de l’épée!






La lame, à arête médiane, est de 72 cm et 2.5 cm au talon. La monture en laiton est à simple pontat avec une fusée de bois recouverte d'un beau filigrane de fils de laiton torsadé.

Le pommeau en forme de poire inversée est assez lourd pour faire contrepoids. Le fourreau manquant devait être composé de deux atèles de bois recouvertes de cuir avec chape et bouterolle en laiton.









Outre le service des armes des navires royaux, les soldats de marine sont voués au service outre-mer. Ils assurent dans les colonies les mêmes missions qu'en Europe. Mais la situation dans les colonies est naturellement bien différente : pendant la première moitié du XVIIIe siècle, les Compagnies seront quasiment les seules "troupes réglées", les seules unités militaires régulières à être présentes en permanence partout dans l'empire colonial français.

De par leurs compétences, elles en forment bien vite le noyau défensif aux côtés des milices, luttant selon les latitudes contre des "descentes" de nations rivales, de pirates et d'indigènes hostiles, voire contre des révoltes d'esclaves.
Loin des théâtres de guerre européens, la marge d'action des militaires est considérablement étendue en outre-mer.

En Nouvelle-France et aux Indes, des détachements des compagnies sont présents loin dans l'intérieur des terres, occupant des postes isolés dans l'immensité des territoires français ou sous influence française. En témoignent les forts disséminés le long de la vallée du Mississippi jusque dans l'ouest du Canada en passant par les Grands Lacs.
Rappelons que les soldats viennent de France et sont invités à s'installer là où ils sont affectés, ce qui les conduit par la force des choses à nouer des liens avec les colons et les indigènes. Ces contacts fructueux les intègrent peu à peu dans la société locale dont ils adoptent certaines coutumes et techniques.

En matière militaire, les fantassins postés au Canada et en Louisiane ajouteront à leurs spécialités la « guerre à la canadienne » ou « petite guerre ».
Oubliant la bataille rangée, les soldats de Marine mènent une guerre de harcèlement aux côtés des miliciens canadiens et des tribus amérindiennes alliées contre les établissements anglais ou les tribus leur étant opposées.

Marquis de Montcalm au Fort de Carillon

Dés la fin des hostilités, en 1668 contre les Hurons, les premiers soldats démobilisés seront encouragés à s'établir en permanence en Nouvelle-France. Plusieurs d'entre eux épouseront une «fille du Roy» nouvellement arrivée de France et «prennent pays» en Amérique et se promèneront au bras de leur bienaimée, arborant fièrement leur ancienne épée, il en sera de même jusqu'au fâcheux traité de Paris en 1763.










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